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Je t’aime dans ton entièreté

Dernière mise à jour : il y a 7 jours


Dans aimer trop, il y a « trop ». C’est ce petit mot qui, selon moi, engendre la souffrance. Aimer trop jusqu’à s’oublier ou oublier que l’autre est aussi un être unique et autonome que moi, et vouloir à tout prix qu’il fasse selon ce que je considère être juste.


Alors, est-ce qu’aimer trop c’est vraiment « aimer » ? Est-ce qu’aimer ce n’est pas juste accepter l’autre tel qu’il est, l’aimer dans son entièreté avec toutes ses forces et ses failles à cet instant là ?


Parfois, je vois des personnes souffrir autour de moi, et bien sûr, j’ai envie d’aider à diminuer leur souffrance. Je n’aime pas les voir souffrir, j’ai même envie de leur donner toutes les solutions pour qu’elles s’en sortent tout de suite. Je pense que je ne suis pas la seule, je crois même que l’être humain, de par sa nature, à envie de contribuer au bonheur de l’autre.

Cependant, dans cet élan de soutien, parfois je m’oublie, je donne sans prendre soin de voir si mon énergie est assez haute, si j’ai de la disponibilité et du temps, si mon cœur n’est pas déjà dans des émotions. Et je peux me laisser entrainer dans la souffrance de l’autre, et souffrir à mon tour.


Ou bien parce que je considère que j’ai plus de recul, que je vois mieux, alors j’ai envie de lui donner tous les conseils qui me viennent pour qu’elle s’en sorte. Je n’écoute plus la personne, et ce qu’elle ressent vraiment. J’ai mis mon filtre du sauveur, je crois que je vais la sauver avec mes conseils, et au lieu de l’accompagner pour qu’elle puisse se relever seule, je peux sans le vouloir la rendre dépendante de moi, et des autres. Au lieu de la laisser s’exprimer, je vais vouloir lui donner des réponses, qui sont en fait mes réponses.


Mais qui suis-je pour penser que je sais mieux que l’autre ce qui est bon pour lui ? Qu’il devrait être plus sage/vigilant/courageux/lucide/raisonnable/souriant… ou moins entêté/généreux/rapide/lent/excité/nerveux…


Je me dis souvent que la personne a sa propre histoire, et que même si elle ressemble à la mienne, elle ne sera jamais totalement identique. Et je ne peux pas comparer, et revenir vers moi pour lui donner des conseils par rapport à ce que j’ai expérimenté. Lorsqu’une personne me dit « Tu sais je suis déjà passé par là, et blablabla… », je sens bien que la plupart du temps, elle parle d’elle et qu’elle n’est plus à mon écoute…


La question qui me vient souvent est, est-ce que j’ai envie de faire confiance à l’autre, en ses capacités, en ses ressources pour trouver son propre chemin ? Est-ce que je peux simplement être présent, sans essayer de vouloir changer l’autre ? Être comme une page vierge, et écouter l’autre comme si c’était la première fois que je la rencontrais ? Et c’est vraiment une première fois, parce que la personne que j’ai vu il y un jour, un mois ou une année a déjà changé, ce n’est déjà plus la même. Par ma présence, elle peut s’autoriser à m’offrir son entièreté.


C’est ce à quoi invite le processus de la Communication NonViolente (CNV), être là pour l’autre, lui offrir toute ma présence, reformuler au plus proche, essayer de deviner quel est le besoin derrière ce qu’il partage avec moi, lui demander si c’est bien ça ? Et si j’ai envie de lui donner des conseils, je lui demande s’il veut des conseils. Je crois que la plupart du temps, on n’a pas réellement besoin de conseils, mais simplement d’être écouté et entendu, et ça suffit. On n’a alors même plus vraiment de problème à résoudre, l’écoute a permis de se déposer, de dissoudre des tensions, de clarifier…


C’est probablement pour ces raisons que j’aime tant ce processus, et que j’ai à cœur de le partager depuis une dizaine d’années. De par sa nature, il ne demande pas d’effort mais de faire confiance. Ce qui peut entraver la connexion, c’est de penser que j’ai la solution pour l’autre. Au lieu de prendre soin de la relation, je veux tendre vers une solution, un résultat.


« Quand tu me parles, je t’écoute… je t’entends… je te vois… parce que je sais que c’est le plus beau cadeau que je peux t’offrir, ma présence. Je crois en ton potentiel et en ta lumière, et que tu sauras trouver ce qui est le plus juste pour toi. »

 

Crédit photo : Laurent Abecassis 

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